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SATI I-X – Behind Camera

And all of a sudden, distance, is a meaningless word…


SATI – X

Je ne suis qu’errance
Les yeux à jamais clos
A la réalité et au rêve.
Je chemine sans fin
Entre des mondes insipides.

Syndrome de Stendhal,
Du jour où tu me fus révélé.
Tu m’as arraché la vue,
Tu as dissout mon âme,
Tu m’as privé de mon essence,

Avant de t’évanouir dans le néant.

Nul espoir ne réside désormais.
Le soleil brûle mon épiderme,
Et la lune me glace le sang.
Je suis sans plus de mesure,
Perdu dans un non sens.

Funambule aveugle,
Sur la ligne sise entre jour et nuit
Je suis l’éternel prisonnier
De ces noirs replis
Qui étouffent les possibles.

Mes sens sont tourmentés
Par ce parfum d’ailes déchirées
Oxyde de fer qu’exhale
Cette douleur inconsolable
Du jour où tu t’es évaporé.

Mon âme se laisse lacérer
Par le chant de l’irréalisable.
La peur du vide béant
ridiculise ma soif insatiable
De chaque nuit te ressusciter.

Sur la corde raide,
Je traverse un millier de vies
Sans plus pouvoir y pénétrer.
Vagabond invisible,
Déambulant sur une pensée égarée.

De la simple douceur des mondes,
Je ne retiens plus rien.
Les douleurs, fines et tranchantes
Seules me sont éclatantes.
Je suis folie. Je suis cendres.

Ici est mon ultime route
Dans ces eaux sombres
Où le silence est maître
Où mon esprit se traîne
Où le non sens m’est limpide.

Mes pensées sont aspirées,
Mes vœux sont anéantis,
Devenus déments et sans objet.
Sans ton doux murmure,
Dans aucun univers

Je ne saurais plus exister.


SATI – IX

A la croisée des chemins,
seuil où le doute s’installe
en aiguille sournoise
dans mon âme torturée,
j’ai rencontré l’Univers.

Mais il ne m’a pas admis.
Il a détourné le regard
et en paria m’a chassé.
L’aiguille m’a percé
et injecté son venin.

L’insidieux poison
s’est frayé un passage
dans mes fines veines bleues,
pervertissant mon sang
et mes desseins d’ombre teintée.

Où que j’aille à présent,
je suis le fruit pourri
tombé de l’arbre de vie
sur lequel on marche,
dédaignant la résurrection.

De l’Univers, j’attendais
cette chose qui n’existe pas.
A ma naïve prétention
il a imposé le Silence
Pour clore mon chapitre

Mais nul scellé ne fait taire
l’âme au désespoir
qu’une encre profonde inspire.
Son cri, même étouffé,
demeure assourdissant.

L’Univers peut bien y rester sourd,
M’étrangler de son Silence,
je le contemple avec orgueil.
me moque de ses bûchers,
autodafés d’espoirs perdus.

Détourné à jamais de lui,
J’erre sur des terre inconnues.
Et dans ma langue muette,
teintée de solitaire folie,
J’invente ma propre lueur.


SATI – VIII

Chaque aurore bleue qui défie l’horizon
Glace l’eau de mes jours.
Chaque couchant doré qui le sublime
Me chante le vide nocturne.

Où se trouve mon espoir,
Cette abstraction merveilleuse
Sans bordures ni définition ?
Je le cherche entre deux mondes.

Cerbère, je voudrais te voler
Les clés du seuil crépusculaire
Toucher du doigt l’inaccessible
Que tu gardes jalousement pour toi.

Si je mourais demain,
Sentirais-je mon esprit s’étioler
Avant de m’éteindre enfin
Sans plus de souvenirs à conserver?

Si je vivais demain,
Comprendrais-je seulement
L’égarement de mon âme
Dans ce corps trop humain ?

Sous la gouvernance du néant
Bonheur et tristesse se confondent
Et je souffre la combustion
D’un feu à la morsure froide.

Sur ton seuil où je te retrouve,
Sans que tu me laisses entrer
Je ne suis qu’un futur tas de cendres
D’où jaillissent d’ultimes folies

Grains de poussière, morceaux l’illogisme,
Emporte-les vers cet ailleurs clos,
Qu’une seule raison me soit donnée
De respirer l’aube et le couchant.

Emporte ces miettes de ma seule vérité,
Cette prière fiévreuse qui à chaque révolution
Dessine ton ombre devant cet irréel
Pour le faire exister.


SATI – VII

Mon horizon est de pourpre
Parsemé d’éclats d’or.
Hélios n’y est pour rien
Pourtant je le maudis.

La chaleur m’inonde,
Devient insoutenable.
Le soleil est innocent,
Mais je le fuis.

Offertes à mon regard
Il n’est que des flammes
Qui lèchent un corps,
De pure nacre souillée.

La fumée emplit l’air
De son dais sulfureux
Étouffant mes espoirs,
Voilant mon univers.

Mais je n’ai pas droit
De souffrir en ma chair.
Car je ne suis pas,
Ce corps sur le bûcher.

A travers mes sanglots
Je l’entends soudain rire
D’eux. De moi. Du rien
Terrible souffle cristallin.

Alors je crois mourir
Foudroyé dans l’instant
Emporté dans les limbes
Abandonné, comme elle.

Son parfum si doux
Se dissout dans l’air
Devient poison mortel
Alors qu’elle se consume.

Il n’est plus que cendres
Redevenues blanches
Et un écho désenchanté
Emportés vers le néant.

Mon rêve prend fin
et ma folie commence.
Ne me reste que ce monde,
Qui a condamné Sati.


SATI – VI

Je reprends cette route
Délaissant le jour gris.
Ce ne sont plus des paysages
Qui défilent sous mes yeux,

Ce sont mes pensées,
Poignées de poussières
Soufflées sur les décombres
D’une vie démembrée.

Fenêtre grande ouverte
Qui découvre un ailleurs
Loin de l’ennui putride
Et sans vaines promesses.

Couleurs soudain jetées
Sur les ombres poisseuses
Gouvernant le chemin
Des lendemains mornes.

Air frais qui s’insinue
Dans mon esprit fatigué.
Choc des idées et des sens,
Altérité fiévreuse.

Viens avec moi,
Plonger au plus profond
De cette saillie inventée
D’où jaillit tant de splendeurs.

Garde moi de les rejoindre,
De retourner en arrière
Les contempler croupir
Dans cette si triste vallée

Eux, qui ferment les yeux
Sur ces ombres portées
Qui sans fin me tourmentent
Et me désespèrent.

Viens, délaissons enfin
Les paysages décharnés,
Les veules espoirs et les terres arides,
Qui nous laissent assoiffés.


SATI – V

De noir et blanc je suis fait
Lorsque tu es démon bleu.
De ce blues,
Cette mélancolie
Inonde moi.

Sois mon venin,
Je serais le tiens.
Ton bleu méthylène
Inoculé dans mes veines
Me fait exister.

Empoisonne-moi,
Emporte mes chimères
Offre-moi les tiennes.
Refusons de laver nos âmes,
La vacuité me crève

Démon bleu,
Sois ma source infinie.
Abreuve-moi
De mots et chants torturés.
Offre moi une pure folie
A inventer.


SATI – IV

Ma tour de Babel s’est écroulée 
Ce n’est pas Dieu qui l’a ravagée 
Ce sont les êtres de chair
Qui dans leur frénésie déchaînée
l’ont emportée.

J’ai tenté de me cacher un temps
Derrière les murs de Kadath
Au cœur de la forêt de Jukai 
Ou de celle du Val sans retour.

Dans les brumes des légendes du nord
Ainsi que dans les courbes des dunes,
Mais mes rêves sont trop imbibés 
d’ambre liquide, de venin de serpent de mer.

Je n’y vois plus rien

Je ne suis qu’un voleur de mots
Un hérétique de l’art
Voué à brûler sur le bûcher 
D’un obscurantisme ressuscité.

Saltarello dans sa joie me confond
Il se moque de moi quand je défie
la messe noire qui se dessine
En orgie de croyances absconses.

Je baigne dans cette encre,
Celle d’un poulpe aux milliers de bras
Des ventouses qui se collent à moi
Idées noires et alambiquées 

Le monde est fou, mais j’invente 
l’être cent fois plus que lui.
Même aveugle je la reconstruirais
Ma Babylone de bleu illuminée.


SATI – III

Aiguille noire qui se loge
Dans ma chair incandescente
Vide qui se fait plein,
De poisons vaporeux
Effluves capiteuses
D’une pensée dystopique
 
Démons appelés du lointain
D’une mégalithe oubliée
Ars Goetia, légendes
Et volutes de fumées
Doux opiacés distillés,
Dans un air teinté de bleu
 
Abandonne moi, je suis perdu
J’appelle le noir
Comme un doux rêve.
Dissoudre ce monde mortifère,
Le liquéfier dans des brumes inventées,
Où nul ne peux me rejoindre.
 
L’univers est poison
Et l’âme en crève
Je suis alchimiste en quête d’or
Ma pierre philosophale est cette fée
Qui m’emporte au delà du seuil
Ce plein néant où tu n’existes pas.


SATI – II

Conscience en schisme
Désirs d’abstractions tangibles
Mon essence s’étiole
Comme une fine tulle qui se déchire.
 
Le noir de geais de leurs plumes
Contemplé sans émotion
Le blanc nacré de leurs prières
Délaissé sans regret.
 
Autour de moi que reste-t-il ?
Je ne suis qu’esprit errant, aveugle
Au monde qui inonde mes veines
Autant qu’il s’en abreuve.
 
Le gris, seulement, est magnifique
Lorsqu’il charge l’horizon de son orage
Lorsque les larmes d’un ciel lourd
S’écoulent sur mon âme bleue meurtrie.

Le noir de geais de leurs plumes
Contemplé sans émotion
Le blanc nacré de leurs prières
Délaissé sans regret.
 
Autour de moi que reste-t-il ?
Je ne suis qu’esprit errant, aveugle
Au monde qui inonde mes veines
Autant qu’il s’en abreuve.
 
Alors je contemple la douce lueur
Cette teinte diaphane post apocalyptique
Ce rayon de pureté insaisissable
L’étreinte de la mélancolie divine.


SATI – I

Tu poses ton buvard sur cette chair à nue
Indifférente à la morsure vif argent
De ton regard détourné de moi
Comme si je n’existais que pour
Absorber un brouillon négligé.

Alors, j’arrache tes pages enluminées
En carnassier, pour les dévorer
M’en repaître jusqu’à la lie
Me perdre dans ton encre dorée.
 
Toute la quintessence de ton être
Je veux la saisir, la cercler,
La tenir emprisonnée
M’abreuver de tes mots versés
Qui dépassent ma mélancolie.
 
Le blanc m’enlace et me tourmente,
Ce duvet de brumes empoisonnées
Que ton arc noir soudain vient pourfendre.
Laisse-moi à la vie te dérober.
 
Je mâche tes pages avec rage
Je m’empoisonne de tes éloquences
Le venin court dans mes veines
En moi, tout entier, je veux te diluer.
 
Ombres opaques qui courent sur mon être
Fouillent mon âme et la laisse exsangue
Viens, sauve moi,
Viens nourrir ma chair de l’encre rouge
De la plus fine des désespérances.

Protégé par Cléo

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